Exposition des peintres LUCEBERT et BRECHT, et du photographe Pieter BOERSMA au centre d'Art Contemporain "acentmètresducentredumonde" PERPIGNAN du 15/01/10 au 28/03/10
LUCEBERT est un peintre hollandais qui fit partie du mouvement COBRA. Son travail sur les couleurs, exceptionnel, est au service d'une peinture caricaturale, révoltée, dénonciatrice et fondamentalement pessimiste, toujours teinte de poésie et d'humour. LUCEBERT a vécu en espagne et on peut ressentir les deux influences mélées: celles des paysages nordiques, du froid, des contes pour enfants, de la peinture populaire, naive, de l'art des fous, imprégnée des couleurs solaires, celles d'un Picasso ou d'un Miro. Une exposition importante, tant par la quantité que par la qualité des oeuvres présentées. J'ai choisi de mettre l'accent dans ces photos sur l'oeil et le regard, centre et pivot de nombreuses toiles de LUCEBERT, mais c'est très subjectif et vous ferez certainement d'autres découvertes et un tout autre voyage esthétique à base de contrastes violents et d'esthétique de la laideur, ou de beauté de la décomposition, en vous rendant à l'exposition "acentmètresducentredumonde".
BRECHT, qui vit et trravaille en Espagne, est le fils de LUCEBERT, et il se distingue résolument de son père, tant par la technique, plutot celle d'un illustrateur, pour des dessins à la plume, très finement travaillés à l'encre et à la plume rehaussées d'aquarelles. Pourtant on retrouve la caricature de notre société que pratiquait son père, ces études de "monstres" familiers, quotidiens. Mais là où LUCEBERT tendait vers l'abstrait, la perte du sens, BRECHT plonge dans le surréalisme, le dessin automatique,
le fantastique avec des hommes-animaux, des déformations et des "visions" irréelles, surréelles, sorties de quelques songes ou de cauchemards. Pourtant, comme LUCEBERT, il s'attache aux visages, ce "miroir de l'ame". Le fantastique n'est jamais si bien rendu que par la précision du trait, et le réalisme extrème. BRECHT pratique aussi un humour décalé, pince-sans-rire, tout en sous-entendus, particulièrement décapant.
Deux voyages picturaux dont on ne sort pas indemne et qui restent longtemps gravés dans les pupilles.
Pour finir Pieter Boersma un photographe occupe le premier étage du Centre d'Art qui nous propose de grands (et superbes) tirages photos de villes en ruines, de murs effondrés, d'épaves rouillées magnifiées par le noir et blanc, mais aussi quelques photos intéressantes de LUCEBERT au travail. N'étant pas très amateur de photos de photos, je vous laisse la surprise de la découverte des oeuvres de BOERSMA. A voir et à revoir.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire