DAN LAY, illustrateur, peintre, après une période figurative et illustrative déjà très colorée (voir des exemples sur la video concernant la Croisée d'Art d'Eus, où il habite: http://www.youtube.com/watch?v=C3yu-F... abandonne la figuration pour l'abstraction.
Des aplats colorés géométriques se partagent l'espace pictural, qui vibre au rythme de bandes de couleurs douces. Des formes élégantes, lumineuses et ondulantes brisent la symétrie et la suprématie de la verticalité et de l'horizontalité.
Dans de très belles toiles nommées "Hommages à", DAN LAY cite ses maîtres et, ce faisant, nous livre quelques clés de son travail:
Emile Bernard du groupe de Pont-Aven qui avait développé le "synthétisme" qui se traduisait par une gamme de couleurs restreintes et des formes simples.
Malévitch, un des premiers abstraits, qui manie des formes simples à caractère géométrique et unicolores disposées sur la toile ou érigées dans le réel (architectones), dont le "suprématisme" montre le caractère infini de l'espace, et la relation d'attraction et de rejet des formes.
et enfin Matisse, qui, avec les gouaches découpées de sa dernière période atteint à une perfection graphique et sensuelle qui marquera toute une génération de peintres.
L'impression qui en ressort est toujours gaie, dynamique, joyeuse, positive.
DAN LAY est loin du dépouillement zen d'une Claudia Bushing (http://www.youtube.com/watch?v=73Mo3tTn BKM), au contraire, ses toiles foisonnent. Le dépouillement, qui, paradoxalement, était visible sur ses toiles figuratives s'efface avec la figuration, pour laisser place à une profusion de couleurs. Pas de volumes, bien que des profondeurs se creusent à la juxtaposition de zones, pas de grandes toiles, alors que l'art de DAN LAY se préterait admirablement à une exposition sur des surfaces bien plus importantes, et il semble que cela soit une volonté du peintre: rester simple, harmonieux, réservé, en un mot "humain".
L'espace des Arts au Boulou nous offre encore une très belle exposition, et s'affirme comme une des
salles "à suivre" du département. Question reproduction, les toiles de DAN LAY sont un casse-tête pour le pauvre appareillage numérique photographique qui ne sait comment se débrouiller des aplats colorés brillants fortement éclairés, et, comme d'habitude, je vous conseille de vous rendre sur place pour profiter pleinement du plaisir esthétique de cette rencontre "avec la lumière".