vendredi 24 juillet 2009

Exposition Château de Jau (Cases-de-Pène 66) Marlène MOCQUET Jeanne SUSPLUGAS

Exposition Chateau de Jau (Cases-de-Pène 66) "Jeux de dames" Marlène MOCQUET et Jeanne SUSPLUGAS du 27 Juin au 27 Septembre 2009

Les vastes salles dépouillées du Château de Jau accueillent cet été deux artistes singulières.
A peine diplômée des Beaux Arts, Marlène MOCQUET était présentée à la Fiac. Le printemps suivant, elle faisait sa première exposition personnelle chez Alain Gutharc, puis une autre, à New York. Cette même année, Christian Lacroix lui confiait la réalisation de ses cartes de vœux personnelles. Récompensée par le prix Hiscox, exposée au musée d'art contemporain de Lyon, cette jeune artiste rencontre instantanément un succès international.
Pourquoi ? Peut-être parce qu'elle a réussi une synthèse impossible en métissant expressionnisme, symbolisme, surréalisme, abstraction... Certaines de ses toiles peuvent rappeler le Surréalisme, les montres molles de Dali par exemple, mais un Dali qui aurait perdu son coté académique au profit d'une manière brute, naïve, voire enfantine. Une petite fille en robe rouge et des bonshommes de pain d'épice, des géants et des animaux minuscules, Marlène MOCQUET fait apparaître un univers à la Tim Burton, proche de la BD d'un Joan Sfar ou du Manga japonais. La profusion de petits personnages monstrueux nous entraîne du coté de Jérome BOSCH, mais d'un BOSCH amoureux du vide et du microcosme. Tous ces rapprochements pour dire que Marlène MOCQUET est, au premier abord, figurative, mais, paradoxalement, elle est aussi abstraite. Ses tableaux coulent, dégoulinent et de taches de peinture
hasardeuses naissent des figures fantastiques, fantasmagoriques, comme des taches d'un test de Rorschach. Elle joue de toutes les techniques à sa disposition: épaisseurs, glacis, résine, paillettes, opacités, transparences, ne se refuse aucune gamme de couleurs, même dissonnantes, ose les rapprochements criards, incongrus, chromatiquement audacieux. Peinture figurative, abstraite,
jeux de textures, pliages, coulures, empâtements, illustration, dessin, Marlène MOCQUET est toujours là où on ne l'attend pas. Elle fonce, défriche des zones inexplorées, se joue des académismes et des frontières picturales et nous courons derrière elle, hypnotisés, fascinés, tentant vainement de voir des "histoires", des narrations là où il n'y a que Peinture.
http://www.alaingutharc.com

Jeanne SUSPLUGAS nous propose un ensemble très varié, allant de la vidéo, à la photographie en passant par des installations, et des dessins. Son travail concernant l'addiction est décliné en sculptures, photographies, néon. Elle joue avec la mise en abime du voyeurisme du spectateur que nous sommes avec ses maisons jaunes, à l'intérieur desquelles nous regardons par une fente, pour découvrir des images. Comme Marlène MOCQUET elle ne manque pas d'humour, et c'est un lieu commun de dire qu'elle flirte avec le Surréalisme, mais son propos est pus grave, plus violent. Elle aussi nous étonne en passant d'installations lisses, plastiques, de photos où elle travaille un flou à la limite de l'abstrait, très esthétique et propre, à des illustrations microscopiques où des petits personnages composites s'ébattent, quelques petits sphinx au corps de serpent, au visage humain poursuivent des lapins... Si elle travaille sur les addictions, Jeanne SUSPLUGAS, quand à elle, est libre comme l'air. Eclectique, elle touche à tous les arts et à toutes les techniques, magistralement et sans complexes: elle "joue sur tous les tableaux", comme Marlène MOCQUET.
http://www.susplugas.com

C'est ce qui fait la force et l'intérêt de ce "Jeux de dames", titre de l'exposition. Ces dames aiment le mystère et se rient de la logique, des frontières et des étiquettes. Il ne reste au spectateur qu'à jouer avec elles à des jeux inventifs, dont il découvre les règles au fur et à mesure, comme dans un rêve.
Deux grandes artistes pour une exposition majeure.
http://www.chateau-de-jau.com



lundi 13 juillet 2009

Exposition à Perpignan "acentmetresducentredumonde" "avec sexe ou pas"

Exposition à Perpignan au centre d'art comtemporain "acentmetresducentredumonde" "avec sexe ou pas" du 3/7/09 au 27/09/09

Une exposition de grand intérêt, présentant pas moins de 29 d'artistes de haut niveau,
réunis autour d'un même thème: le sexe. Une Xposition qui aurait été interdite il y a quelques années,
et qui est aujourd'hui organisée en collaboration avec la municipalité: le monde et les temps changent.

Une exposition polymorphe qui mêle les époques, de Picasso, Grosz et Man Ray en passant par Combas, Ben et Jean Le Gac, qui découpe, mixe, déconstruit, assemble les corps et les objets,
qui juxtapose les styles, les manières, et les techniques, de la photographie, avec Molinier et Mapplethorpe, à la sculpture (bronzes, terres cuites) avec Miquel Navarro, Jaume Plensa, en passant par les acryliques de Combas, les collages de Arthur Herras ou les mélanges de tissus et de peintures de Le Gac et Pencreach, les installations de Dreyfus, Ben ou Carmen Calvo, le tout autour de ce thème unique: le sexe, thème unique qui ouvre lui même ouvre sur une multitude infinie de symboles, de thèmes, de sentiments et de désirs: amour, humour, désir, dégout...
Le très beau catalogue en vente sur place vous permettra de garder un souvenir de cette "grande "expo tentaculaire.

Si les tabous ont vacillé et si le carcan des interdits millénaires autour du sexe s'est distendu dans le monde réel, il n'en va pas de même sur Internet, ce qui peut paraître paradoxal. Sur Youtube les conditions d'utilisation sont claires: une nonne ou un enfant doivent pouvoir regarder les videos sans être choqués. Ce choix est significatif et révélateur, sinon hypocrite. Vous en connaissez beaucoup, vous, des nonnes ? Quand aux enfant, enfants qui, justement, cherchent toujours a regarder des images interdites, sinon ou serait le plaisir de la transgression, le problème avec Internet serait plutôt exactement inverse. Les enfants sont bombardés d'images de sexe qu'ils n'ont aucun mal à dénicher. Ils ont accès sans le vouloir et avec une telle facilité à des images de sexe explicites, gynécologiques, tristes, répétitives, et dégradantes que cette volonté préservatrice de Youtube paraît bien anachronique. Alors que l'art, et ce que nous démontre cette exposition, l'art magnifie, dévoile, glorifie ou désacralise, les visions des artistes sont originales, révélatrices, évocatrices, à coté de la plaque ou en plein dans le mille, rigolotes, jolies, truculentes, voire angoissantes, et dérangeantes, mais jamais stéréotypées comme peuvent l'être ces multitudes d'images pornos qui ont envahi l'espace virtuel. Néanmoins, par souci de préserver les chastes yeux des nonnes abonnées à Youtube, je vous ai préservé du pire (ou du meilleur), et il ne vous reste plus qu'à vous rendre sur place, et à visiter l'expo, pour découvrir le reste, ce qui est la seule solution intelligente, de toute manière, pour toutes les expos, dont ma petite video vous donne seulement un avant-goût.
Site internet du centre d'art: http://www.acentmetresducentredumonde...



samedi 4 juillet 2009

Exposition Perpignan MARC FOURQUET Couvent des MInimes

Exposition MARC FOURQUET Du 29 Juin au 16 Aout 2009
La ville de Perpignan continue son excellent travail de présentation des artistes majeurs (de Catalogne Nord). Le Couvent des Minimes se prête parfaitement à cet exercice, et jusqu'au 16 Aout nous pouvons admirer les oeuvres de MARC FOURQUET, au travers d'une grande, importante, tant par la taille que par la qualité, et belle, pardon magnifique, excitante, palpitante, stimulante, vibrante, exposition où je vous conseille comme d'habitude, sinon je n'en parlerais pas, de courir sur le champ.
Plus encore que d'habitude, les photos ne rendent pas justice à l'Art de MARC FOURQUET dont les choix de couleurs, les transparences, les différents glacis et couches, les collages et inclusions se jouent du pauvre appareil photo, d'autant que (léger bémol) les éclairages laissent parfois à désirer.
Les toiles de MARC FOURQUET ne se jouent pas seulement des appareils photo, mais aussi des appareillages narratifs, surtout s'ils sont lourds. On peut lire un peu partout que l'artiste est cérétan (originaire de la ville de Céret pour ceux qui ne sont pas de la région) et qu'on retrouve dans ses toiles les paysages, les objets voire les saints(!) locaux, peut-être même sa famille. Quelle histoire ! On peut même reconnaître les mouches qui piquaient son vieux chien dénommé Argos qui l'attendait lorsque l'artiste rentrait de voyage et buvait au pourou tout en admirant les montagnes. Faut dire que MARC FOURQUET nous raconte beaucoup d'histoires dans lesquelles il nous embarque à notre (et à sa) plus grande joie. Il y a même à boire et à manger, c''est dire. Mais ses histoires vont plutôt déraper du côté de Picasso, Breton et Dali. MARC FOURQUET mixe les signifiants comme il mixe les couches picturales. il s'amuse à coller, à rapprocher des éléments étrangers comme la poésie surréaliste le faisait avec l'association libre, et il donne la parole à l'inconscient qui fait résonner profondément en chacun de nous les cloches des significations cachées. Il redonne vie et couleurs à la phrase de Lautréamont (qui est aussi la (une des) devise de ces chroniques): "C'est beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'un parapluie et d'une machine à coudre". Ses tableaux n'ont pas de titre, ou du moins pas de titres affichés. Et l'on se plaît à imaginer des titres saugrenus: les poissons de la Sagrada Familia, les chiens décapités des Albères...
Mais l'histoire que MARC FOURQUET nous raconte, c'est celle de l'Art Moderne qu'il revisite et s'approprie. Il assiège une à une les forteresses de l'Art Moderne, ses thèmes, ses genres picturaux, les prend d'assaut, avant, nonchalamment, de les détruire et de servir de leurs pierres pour bâtir ses
propres architectures. Impossible de tout citer car MARC FOURQUET se permet tout, utilise TOUT: du dessin à la Picasso dont il possède la puissance, du croquis rageur au collage acidulé, des couches de glacis aux couches de sens, de la mort du sujet à la bande dessinée à la Combas, de l'effacement
au vide en passant par le trop-plein et l'accumulation, de l'humour joyeux à l'angoisse sous-jacente...
MARC FOURQUET: Un artiste majeur (anecdotiquement de Catalogne Nord) dont la découverte est indispensable pour qui s'intéresse un peu à l'Art actuel.
Liens: Musée de Céret:
http://www.musee-ceret.com/mam/artist...
et Galerie Odile Oms (Céret)
http://www.odileoms.com/fr/artistes/m...